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Modes d'intervention

Bénévolat et vie associative
Bien qu’il soit plus fréquent de référer à la notion de communautés au sens territorial du terme, il existe au Québec, comme ailleurs dans le monde, de très nombreuses et importantes communautés associatives basées sur le partage de la passion pour une discipline ou de l’intérêt pour le maintien d’un lieu de socialisation, de rencontres et d’échanges en loisir. Au Québec, des centaines de milliers de citoyens et citoyennes s’affilient volontairement à ces organismes dont les ramifications s’étendent parfois depuis le palier local jusqu’à l’international créant de véritables communautés planétaires.
 
L'association : un cadre choisi
Le droit d'association est une liberté fondamentale dont l’expression est particulièrement vivace dans le monde du loisir. Elle est le cadre choisi par des milliers de citoyens et citoyennes pour réaliser leur engagement social en loisir, leur souhait de vivre une expérience collective enrichissante et plaisante; ils y trouvent également une réponse à leur désir d’assurer une continuité à leur action.
 
Selon les récentes données recueillies par le Laboratoire en loisir et vie communautaire de l’Université du Québec à Trois-Rivières, 53.1 % des bénévoles actifs en loisir sont engagés dans plus d'un organisme.
 
Le réseau fédéré du loisir, celui du Conseil québécois du loisir, compte à lui seul des milliers d’associations de niveaux local, régional et national. Les intervenants en loisir conviennent que : « les associations et fédérations de loisir reflètent la volonté de prise en charge de l’organisation du loisir par les citoyens. Elles sont le lieu de la représentation des intérêts de leurs membres et d’offre d’activités et de services spécifiques tels la formation, l’information, la promotion et pour certaines disciplines, la régie et l’organisation de manifestations.
 
Elles sont d’abord au service de leurs membres dont elles assurent le regroupement et la représentation. Elles font la promotion de leurs champs d’activités auprès de la population à l’échelle du Québec voire même hors Québec.
 
Elles ont la responsabilité de l’organisation et du développement de leur discipline ou de leur mouvement. De plus, pour certaines d’entre elles, elles assurent la régie et la normalisation de leur pratique dans un cadre sécuritaire ou encore dû à leur expertise, elles sont responsables de préserver la qualité et l’intégrité des pratiques disciplinaires.
 
Enfin, elles développent des programmes de formation des ressources humaines dans leur champ d’activités ».*
 
* Sommet québécois du loisir – mars 1987.
 
Le bénévolat : des citoyens engagés
Le bénévolat en loisir contribue en premier lieu à la qualité de vie des personnes et des communautés. Il procure également une grande satisfaction à ceux et celles qui le pratiquent et joue un rôle indispensable dans le développement du loisir et l'évolution de la société. On indique que « Le bénévole est celui qui s’engage de son plein gré et de manière désintéressée dans une action organisée au service de la communauté ». **
 
Les bénévoles en loisir dédient leur temps libre au loisir des autres. Ils le font sur une base libre et volontaire ce qui constitue un fondement à respecter. Ils ne doivent pas être assimilés à une main-d’oeuvre gratuite.
 
Ce vaste mouvement regroupant des milliers de citoyens est connu pour sa capacité de prise en charge de responsabilités communautaires et sociales. Toutefois, ce qui semble moins admis, est que l’engagement du citoyen nécessite un cadre et des conditions qui favorisent la consolidation et le développement de son action. Cette reconnaissance doit se concrétiser notamment par la récurrence d’un financement, l’accès à des ressources humaines et techniques et à de la formation. Dans ce sens, la remise annuelle de prix bien que très appréciée, ne peut se substituer à la nécessité d’avoir accès à des ressources qui témoignent concrètement du respect et de la reconnaissance portés à l’engagement bénévole en loisir.
 
Les bénévoles constituent un capital humain à préserver et à développer. Qu'on en juge :
 
« L'ENDBP 2000 (Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation) dénombre un total de 1 135 000 bénévoles québécois, dont 23 % s'activent à l'intérieur du secteur dit « loisir » qui comprend sport, plein air, art et culture. Ces bénévoles donnent en moyenne 159 heures annuellement.
 
En recoupant ces chiffres avec ceux des études québécoises et les données de la présente enquête, on peut estimer à 500 000 le nombre de bénévoles en loisir et à 80 millions le nombre d'heures qui ont été consacrées en l'an 2001.
 
Au taux horaire du salaire minimum le bénévolat en loisir représente 560 millions de dollars, 1 061 milliard de dollars si on le calcule plus réalistement au salaire moyen et le temps consacré lui représente 44 000 postes temps plein ». ***
 
« En réponse aux besoins de leurs milieux, alimentés par des valeurs et des convictions profondes, dans le cadre d’autonomie et de démocratie qu’ils se sont donnés, ces hommes et ces femmes ont choisi l’engagement social en loisir. Ils ont créé un modèle associatif, un lieu de coopération. Il s’agit d’un puissant levier « partenarial » pour l’État, d’une offre de services fortement décentralisée, d’un modèle de rapprochement entre l’utilisateur et le fournisseur de services et de l’un des hauts lieux de l’engagement bénévole dans la société québécoise ». ****
 
Il est en conséquence impérieux de se rappeler, comme l’indique les récents travaux du Laboratoire en loisir et vie communautaire, que les bénévoles veulent principalement servir une cause collective à laquelle ils croient, vivre leur loisir, leur passion et rendre service, et que d’autre part, les associations dont ils se dotent sont la pierre angulaire du loisir public et associatif.
 
** Bénévolat et volontariat dans la vie économique, sociale et politique. Éditions Les études de la documentation française.
*** Laboratoire en loisir et vie communautaire, UQTR. Le bénévolat en loisir, un capital à cultiver – 2002.
**** Conseil québécois du loisir. Le loisir d’agir ensemble – décembre 1995.
 
L’action communautaire autonome
C’est dans le cadre des démarches réalisées à l’origine de la création du Secrétariat à l’action communautaire autonome et du Comité aviseur de l’action communautaire autonome que le CQL s’est associé d’une façon formelle aux demandes portées par un ensemble de secteurs visant leur reconnaissance. Ce rapprochement, basé sur la convergence au niveau des valeurs mais également de notre vision de l’intervention gouvernementale en regard de la prise en charge citoyenne, s’est concrétisé au fil des ans.
 
L’organisme de loisir ou le regroupement d’organismes de loisir reconnu d'action communautaire autonome est issu de la société civile, c'est-à-dire à l'initiative des citoyens ou des communautés avec leur participation et leur engagement dans l’identification des besoins et la recherche de solutions. Il est le reflet d’une prise en charge par les citoyens et citoyennes de leur développement. Il a un fonctionnement démocratique et est autonome dans la conduite de sa mission. C’est en se reconnaissant à travers ces principes et ces pratiques que les organismes et regroupements en loisir sont partie prenante de ce mouvement de participation et de transformation sociale basé sur le bénévolat, le militantisme et des approches collectives, aux pratiques citoyennes, génératrices de liens sociaux et de cohésion sociale.
 
L'économie sociale
Se réclamant de plein droit de l’économie sociale au moment du Sommet sur l’économie et l’emploi de 1996, plusieurs organismes et regroupements du milieu associatif du loisir se reconnaissent autour des principes et règles de fonctionnement qui identifient l’économie sociale : ils sont des organismes à but non lucratif (OBNL) porteurs d’objectifs sociaux; produisent des biens et services avec pour finalité de servir leurs membres ou la collectivité plutôt que de viser le profit et le rendement financier; favorisent la participation et la prise en charge de responsabilités individuelles et collectives; intègrent à leurs statuts et façons de faire un processus de décision démocratique impliquant les usagers et présentent une autonomie de gestion par rapport à l'État.
 
Le Conseil est actif dans le domaine de l’économie sociale en collaborant avec les divers intervenants. Ces alliances créent de nouveaux lieux d’échanges pour partager des problématiques et des opportunités communes. Elles sont à l’origine d’investissement public, de soutien à la création d’emplois, de la réalisation d’études, de recherches et d’activités de formation.
 
La coexistence de ces domaines
Dans le contexte d’une plus grande reconnaissance de l’action communautaire autonome et de l’économie sociale, l’identification des organismes et des regroupements du milieu associatif du loisir à ces deux philosophies et modes d’intervention est tout à fait compatible. D’une part, ces organismes ont été créés à l’initiative des citoyens en réponse à des besoins de la collectivité, leur engagement à promouvoir la cause qui les anime, demeure la finalité de leurs actions. C’est en reconnaissant cette prise en charge du milieu pour réaliser une mission dont la finalité contribue à l’amélioration de la qualité de la collectivité que le gouvernement accorde depuis près de trente ans aux organismes nationaux, l’accès à un programme de reconnaissance et de financement. Bien qu’au fil des ans, ce soutien ne représente maintenant qu’une modeste part du budget des organismes, il contribue néanmoins à consolider une base permettant la poursuite d’activités liées à la réalisation de la mission.
 
D’autre part, pour assurer le maintien et le rayonnement de leurs actions, ces mêmes organismes de loisir ont investi le champ de l’économie sociale en développant dans une perspective marchande des produits, activités et services pour leurs membres et pour l’ensemble de la population. Bien avant que l’on identifie l’entrepreunariat collectif et l’économie sociale, un bon nombre d’organismes en loisir intervenaient déjà au carrefour des problématiques sociales et des activités marchandes. C’est ainsi qu’en 1984 le milieu publiait un document intitulé Le loisir, c’est rentable - Carnet de bord de l’économie sociale destiné à toute organisation sans but lucratif active dans le domaine du loisir.
 
La reconnaissance étatique et sociale de l’action communautaire autonome et de l’économie sociale concomitantes au sein des organismes de loisir a permis le développement de conditions et d’outils adaptés qui ont d’ores et déjà généré d’importantes retombées pour le milieu. C’est en s’appuyant notamment sur ses expériences positives que le Conseil entend maintenir et développer ces alliances.